Volterres souffle sa première bougie !

  • 05/05/2020
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Au cours de cette première année, Volterres a affirmé son ambition de porter une offre d’électricité nouvelle, vraiment verte, locale et transparente auprès des entreprises et établissements publics français.

Originaires du monde de la production d’électricité photovoltaïque, nous avons relevé le premier défi de valider le concept et de signer nos premiers contrats.

Nos Partenariats producteurs

Nous pouvons déjà compter sur nos partenaires Générale du Solaire, Sun’R Power et Tenergie qui nous confient la commercialisation de l’énergie produite par leurs nouvelles centrales photovoltaïques.

Plusieurs discussions sont en cours avec des producteurs indépendants pour diversifier nos technologies de production et étendre notre présence territoriale.

Rappelons que ces partenariats sont les piliers essentiels à notre promesse de circuit-court et de développement de nouvelles centrales proches de leurs consommateurs.

Nos Premiers clients

Nous fournissons nos premiers clients entreprises et collectivités depuis le début de cette année 2020. La majorité d’entre eux sont situés à proximité de nos centrales partenaires comme Valenciennes Métropole proche de la centrale photovoltaïque de Cambrai, ou encore Orléans Métropole dont certains sites seront alimentés prochainement par les nouvelles centrales de Vierzon : Grande Jonchères et Vieux Domaine.

Merci à eux pour leur confiance et leur implication dans la transition énergétique de leurs territoires !

Une équipe expérimentée

Pour Volterres, être un  jeune acteur sur le marché de l’électricité ne signifie pas partir de zéro.

En plus des compétences des équipes scientifiques du groupe Sun’R, la jeune société peut s’appuyer sur une nouvelle équipe expérimentée dans la fourniture d’énergie. Nous avons accueilli six nouveaux collaborateurs pour muscler la force commerciale, et ils étaient tous déjà bien branchés Mégawattheures !

Les résultats de cette accélération se font sentir avec la signature de clients tant publics (CCI de l’Indre…) que privés (PME et Grands Comptes) concernés par notre démarche verte et locale en accord avec leur stratégie RSE.

 

Enfin, nous avons mis un point d’honneur à offrir une expérience privilégiée à nos premiers clients livrés depuis début 2020, avec un espace client innovant, un interlocuteur dédié et une facturation claire.

Les premiers retours sont très positifs :

« […] Globalement je vous prie de remonter auprès de vos collaborateurs toute ma satisfaction et mes retours positifs sur les outils, l’accueil et les prestations mises à notre disposition. »

L’un des membres du groupement Valenciennes Métropole

 

Alexis Bouanani, Directeur de Volterres :

 « Nous sommes très fiers du travail accompli, ce n’est qu’un début. L’actualité nous montre tous les jours que notre offre répond tout à fait aux besoins qui émergent chez les consommateurs et encore plus avec la crise actuelle : un engagement véritable en faveur des circuits-courts et de la transition énergétique, sans sacrifier la compétitivité. » 

 

Le pôle de compétitivité Tenerrdis récompense Volterres du label Energized by Tenerrdis

  • 10/02/2020
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Tenerrdis, le pôle de compétitivité de la transition énergétique, vient d’accorder le label Energized by Tenerrdis à Volterres, première solution de traçabilité en temps réel des EnR grâce à la blockchain. Ce label référence et valorise les solutions au service de la transition énergétique.

Les enjeux de transition énergétique sont au cœur de la consultation nationale sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie lancée fin janvier par le Ministère de la transition énergétique et solidaire[1]. Ces enjeux fédèrent tout un écosystème d’acteurs innovants essentiels à l’émergence de solutions face à l’urgence environnementale. Tenerrdis[2], le pôle de compétitivité de la transition énergétique, a justement lancé en 2015 le label Energized by Tenerrdis (EBT) afin de valoriser et référencer ces acteurs innovants et a récompensé à ce jour 29 solutions. À la suite de son appel à Manifestation d’Intérêt lancé au deuxième semestre 2019, le pôle annonce la labéllisation de Volterres, une entité du groupe Sun’R.

Lancé en 2019 en association avec des producteurs indépendants d’énergie renouvelable et des consommateurs désireux de choisir leurs sources d’approvisionnement, Volterres propose la première offre d’électricité verte produite localement et traçable « en temps réel », sans surcoût et en bénéficiant des mêmes garanties et services que le standard du marché.

L’innovation s’appuie sur le service de traçabilité de l’origine de l’électricité R.E.D.S®, un outil inédit développé par les équipes de Volterres basé sur la technologie du registre de données distribué communément appelée “blockchain”. L’outil permet de suivre le parcours de l’électricité du producteur vers le consommateur demi-heure par demi-heure, en indiquant la part d’énergie renouvelable réellement consommée ainsi que son origine géographique.

La solution favorise ainsi le circuit-court de l’électricité sur de nouvelles installations de production permettant ainsi au consommateur de contribuer concrètement au développement des énergies renouvelables sur son territoire, selon le principe de l’ « additionnalité ». Par ailleurs, en mesurant en temps réel la production et la consommation d’électricité, Volterres offre un gage de transparence vis-à-vis des consommateurs et d’efficacité pour déployer de nouveaux outils de gestion de l’intermittence de la production des EnR.

« Nous sommes fiers que Tenerrdis récompense Volterres. C’est une belle marque de reconnaissance du travail de nos équipes pour développer des innovations au service de la transition énergétique. » Antoine Nogier, fondateur du groupe Sun’R et Président de Volterres.

 

À propos de Tenerrdis

Tenerrdis est le pôle de compétitivité de la transition énergétique, catalyseur de l’innovation en Auvergne-Rhône-Alpes. Sa mission consiste à favoriser la croissance d’activité durable et la création d’emplois pérennes dans les filières des nouvelles technologies de l’énergie, en cohérence avec les enjeux de la transition énergétique, en mobilisant l’ensemble des ressources (industrielles, institutionnelles, académiques et scientifiques).

 

[1] http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/consultation-du-public-sur-le-projet-revise-de-a2127.html?id_rubrique=4

[2] Technologies Énergies Nouvelles, Énergies Renouvelables, Rhône-Alpes, Drôme, Isère, Savoie et Haute-Savoie

Volterres signe ses premiers partenariats avec des producteurs indépendants

  • 02/10/2019
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En avril 2019, le groupe Sun’R, développeur de projets et producteur d’électricité 100% EnR, a lancé une offre innovante de fourniture d’électricité renouvelable, portée par sa filiale Volterres.

L’ambition de Volterres est d’approvisionner entreprises et collectivités avec de l’électricité verte produite sur leur territoire par des centrales éoliennes, solaires, biomasse et hydroélectriques de producteurs indépendants partenaires de Volterres. L’allocation en temps réel de l’électricité verte livrée aux clients est certifiée par la blockchain. Les clients ont ainsi l’assurance de bénéficier d’un approvisionnement vraiment vert en provenance de producteurs locaux identifiés.

Volterres signe ses premiers partenariats.

Le premier partenariat au-delà du groupe Sun’R vient d’être signé avec le groupe Générale du Solaire, pour une centrale solaire de 12MW en construction sur l’aérodrome de Lépaud dans la Creuse. La mise en service de cette centrale est prévue début 2020 ; elle pourra donc concourir à l’approvisionnement des clients de Volterres dans le centre de la France. Les consommateurs clients de Volterres pourront choisir que leur électricité provienne prioritairement de la centrale de Lépaud et vérifier à chaque instant la provenance de l’électricité verte qu’ils consomment.

Avec ce premier partenariat, qui élargit au-delà du groupe Sun’R les capacités de production renouvelable mises à disposition des clients consommateurs, Volterres est en ligne avec le déploiement de son plan commercial démarré en 2019. D’autres partenariats seront signés en 2020 pour accompagner le développement des ventes de fourniture d’électricité.

 

Dans une perspective de plus long terme, Volterres a noué un deuxième partenariat avec un autre producteur indépendant Ténergie : Volterres a été choisi par ce dernier pour l’accompagner dans sa réponse à un appel à projet public à Aups (Haut Var).

Cet accord valide les synergies entre les offres de développement de projet EnR d’une part et de fourniture d’électricité sur le territoire d’autre part : en favorisant l’acceptabilité locale des EnR, les offres de fourniture locale d’EnR telles que celle proposée par Volterres redonnent aux consommateurs les leviers pour être prescripteurs et s’impliquer plus encore dans la transition énergétique.

Le système de traçabilité de Volterres : R.E.D.S

  • 18/04/2019
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La souscription à une offre d’électricité verte “classique” vous garantit seulement que pour chaque kWh que vous consommez, un kWh “vert” a été produit à un moment de l’année, quelque part en Europe : c’est le dispositif des garanties d’origine. Cela signifie concrètement que vous pouvez souscrire une offre “électricité 100% verte” et consommer en majeure partie de l’énergie nucléaire ou fossile.
Surprenant ? Cliquez ici pour mieux comprendre le système des garanties d’origine et ses limites.

Chez Volterres, nous utilisons un système transparent pour nos clients, R.E.D.S (Renewable Energy Digit System). Ce système, développé par BlockChain Partner avec le soutien d’ISlean Consulting, experts reconnus du déploiement des nouvelles technologies au service des entreprises, permet à nos clients de suivre finement la réalisation de nos engagements, souscrire une offre chez Volterres favorise le développement des énergies renouvelables en France et plus particulièrement sur votre territoire

L’origine de l’énergie, demi-heure par demi-heure

Nous sommes transparents en communiquant à nos clients non seulement la liste exacte des centrales partenaires auxquelles nous achetons l’électricité, mais également l’attribution des kilowattheures à chacun de nos clients, demi-heure par demi-heure. Nos clients peuvent ainsi contrôler la provenance de l’électricité qui leur est livrée.
Ce faisant, chaque client a la capacité de vérifier que Volterres respecte bien ses engagements, tant en matière de source d’énergie (solaire, éolienne, non renouvelable…) que d’origine géographique.

L’énergie produite dans nos centrales partenaires est répartie demi-heure par demi-heure entre nos clients grâce à un algorithme d’affectation. Cet algorithme tient compte des engagements pris envers chaque client concernant l’origine géographique de l’énergie et les moyens de production privilégiés, mais aussi des réalités de l’instant (ainsi, une centrale solaire ne fournira pas de l’énergie la nuit).

Nos clients peuvent se rendre sur leur portail client pour consulter l’origine de l’électricité qu’ils consomment

Une affectation de l’électricité transparente

Pour plus de transparence, le système de traçabilité Volterres permet à nos clients d’accéder à la source des informations présentées dans le portail client.

Pour cela, un site dédié au système de traçabilité permet d’accéder au fichier quotidien des affectations d’énergie qui présente, pour un jour donné, la répartition de l’énergie produite par nos centrales partenaires auprès de l’ensemble de nos clients.
Transparence et confidentialité de nos clients
Chez Volterres, le respect de la confidentialité des données de nos clients est primordial. C’est pourquoi le fichier des affectations est chiffré. Chaque client dispose d’une clé de déchiffrement personnelle lui permettant d’accéder à ses affectations et à elles seules.

En saisissant son mot de passe personnel, chaque client peut donc accéder à notre système d’informations sécurisé et afficher ses affectations d’énergie (les producteurs qui lui fournissent de l’énergie, demi-heure par demi-heure) pour une journée donnée. Les informations affichées proviennent directement du fichier d’affectations de Volterres, partiellement déchiffré pour le client.

Comment dès lors prouver que nous affichons bien le même fichier d’affectations à tous nos clients ?
Certifier l’authenticité du fichier d’affectations grâce à la Blockchain
Nous utilisons la technologie Blockchain, également nommée “Distributed Ledger Technology, DLT” pour certifier que le fichier d’affectations auquel tous nos clients ont accès est bien celui que nous avons utilisé.

Nous calculons d’abord une « empreinte numérique » unique de 64 caractères (que l’on appelle un “hash”) du fichier d’affectations chiffré. Cette empreinte peut être recréée à tout instant à partir du fichier. En revanche, la moindre modification du fichier d’affectations aura pour conséquence de modifier complètement l’empreinte : il est donc aisé de vérifier que le fichier d’affectations n’a pas été modifié, il suffit de vérifier que le calcul de l’empreinte donne bien toujours les mêmes 64 caractères.

Cette empreinte numérique unique est ensuite inscrite dans la Blockchain Ethereum, au moyen d’une transaction. La Blockchain est un registre numérique de transactions, indestructible et infalsifiable car son architecture décentralisée (plusieurs personnes possèdent une copie du registre) le rend plus résistant aux incidents. Comme toute transaction inscrite dans la Blockchain, l’empreinte numérique unique du fichier d’affectation ne peut pas être supprimée par la suite.

La Blockchain Ethereum est publique, ce qui signifie que ses transactions sont accessibles à tous. Nos clients peuvent donc aller consulter l’empreinte numérique unique de chaque fichier d’affectations, que nous déposons jour après jour sur la Blockchain Ethereum.

Sur notre site dédié au système de traçabilité, tous les fichiers d’affectations chiffrés sont téléchargeables. Nos clients peuvent donc eux-mêmes constituer l’empreinte unique d’un fichier d’affectations et la comparer avec celle déposée sur la Blockchain pour vérifier que le fichier qu’ils ont téléchargé est bien celui que nous avons utilisé pour affecter l’énergie.

Les données étant chiffrées, cette possibilité est d’ailleurs ouverte à tous, clients et non clients. Pour télécharger nos fichiers d’affectations et en contrôler les empreintes numériques uniques, cliquez ici.

Lexique

algorithme d’affectations

Notre algorithme d’affectation propriétaire répartit automatiquement demi-heure par demi-heure la production de nos centrales partenaires vers nos différents clients en fonction de leurs choix énergétiques (pourcentage d’énergie renouvelable, origine géographique de l’électricité) et de leur consommation du moment.

chiffré

Le chiffrement du fichier d’affectation par clés asymétriques garantit la non divulgation de l’identité de nos clients et de leur consommation d’énergie. Tous nos clients sont invités à créer une clé de déchiffrement (dite “clé privée”) leur permettant d’accéder à leurs affectations d’énergie sans être capables de lire celles des autres clients. Pour plus de facilité d’usage, nos clients n’ont qu’un simple mot de passe à retenir.
Blockchain – DIgital Ledger Technology
Une blockchain est une base de données (ou un registre) qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création.
Cette base de données est sécurisée et distribuée : elle est copiée chez tous les utilisateurs habilités pour ce faire, les noeuds, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne et de participer à l’établissement de la confiance.
Il existe des blockchains publiques, ouvertes à tous, et des blockchains privées, dont l’accès et l’utilisation sont limités à un certain nombre d’acteurs.
Une blockchain publique peut être assimilée à un grand cahier, accessible à tous, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible car son contenu est dupliqué en tellement d’exemplaires qu’il est impossible d’en falsifier suffisamment pour créer une ambiguïté.
L’implémentation la plus médiatisée d’une blockchain est la crypto-monnaie Bitcoin. Cette implémentation n’est pas celle que nous avons choisie, car pour réaliser notre système de traçabilité, nous avons préféré un système moins gourmand en énergie, normal quand on se positionne comme accélérateur de la transition énergétique. Aujourd’hui, de nombreux acteurs (entreprises, gouvernements, etc.) dont beaucoup du secteur de l’énergie, envisagent l’utilisation de la technologie blockchain pour d’autres cas d’usage que le transfert de monnaie numérique. Volterres est ainsi un des pionniers de cette dynamique vers la décentralisation de la sécurité de l’information, au service du développement des énergies renouvelables.

hash

Le “hash” est l’« empreinte numérique » unique d’une donnée (par exemple un fichier pdf), cette unicité étant vraie tant qu’on parle de la même “fonction de hachage”.
En créant cette « empreinte numérique » unique, et en l’inscrivant sur une blockchain publique, il est possible de créer une preuve à la fois datée et immuable de cette donnée. Cette technique s’appelle l’ancrage.
Chaque document numérique dispose en effet d’une « empreinte numérique » spécifique et la moindre modification du document (par exemple le changement d’une seule lettre dans un document de 500 pages) change totalement son « empreinte numérique ».
N’importe qui pourra alors recréer cette « empreinte numérique » à partir du fichier pdf et vérifier qu’elle correspond bien à celle inscrite sur la blockchain. Il est ainsi aisé de contrôler que ce fichier existait bien au moment de son inscription sur la blockchain, et qu’il n’a pas été modifié depuis.

Donner aux producteurs accès au marché !

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Pour accélérer la transition énergétique, les producteurs indépendants d’énergies renouvelables doivent avoir accès au marché.

Par Antoine Nogier, Fondateur de Volterres

Des énergies renouvelables moins chères mais un développement encore trop lent

C’était le pari de Sun’R, pionnier du photovoltaïque, lors de sa création en 2007 : les énergies renouvelables ont tenu leur promesse de compétitivité.

Comme le relève la CRE, le coût des investissements solaires a baissé en moyenne de 32 % en 3 ans, pour atteindre entre 62 et 99 €/MWh sur le dernier appel d’offres. Cependant, en 2018, le solaire photovoltaïque ne couvre encore que 2,1 % de la consommation électrique française, l’éolien 5,8 % et la biomasse 0,5 % !

Des chiffres très modestes qui reflètent une progression plutôt lente du poids des EnR dans le mix énergétique français, desservie par des objectifs jusqu’à récemment peu ambitieux au pays de l’atome.

Changer nos modes de consommation, une injonction

Face à l’urgence climatique, injonction est faite aux consommateurs de faire évoluer leurs habitudes pour orienter le marché. Nicolas Hulot appelait ainsi la société civile à un « sursaut » en claquant la porte du gouvernement. Dans le cas de la consommation électrique, cela reste aujourd’hui difficile.

Les particuliers sont conscients de l’urgence, comme en témoigne le succès de la pétition pour le climat (2 millions de signatures, la plus importante à ce jour). Cependant, le mouvement des gilets jaunes nous indique que la marge de manœuvre s’avère réduite en matière de fiscalité écologique : dans un contexte de crise économique, les consommateurs ne sont pas enclins à porter seuls la charge du financement de la transition énergétique.

Les regards se portent donc sur les gros consommateurs : les entreprises et collectivités, qui représentent près de deux tiers de la consommation française d’électricité. En première ligne dans la lutte contre le changement climatique, ils concentrent des attentes croissantes, de la part de leurs clients et du grand public.

Les marges de manœuvre financières des consommateurs, petits ou grands, étant limitées, il faut agir à la racine, sur les modes de consommation et parmi eux, les choix des consommateurs en matière d’approvisionnement en électricité.

Les consommateurs, prisonniers du mix énergétique français

Pour s’émanciper d’un mix énergétique carboné et générateur de déchets, trois options s’offrent aujourd’hui aux entreprises :

Opter pour les offres dites “vertes”, qui consistent à compenser l’achat d’électricité par des “Garanties d’Origines”. La Norvège émet le quart des GO en Europe, qui ne contribuent aucunement au développement des énergies renouvelables sur le territoire français.
Et quand bien même certaines GO sont produites en France, l’absence de simultanéité entre la production électrique de ces GO et leur consommation effective par les consommateurs – les GO peuvent être « consommées » dans le mois qui suit leur production alors qu’aucun système de stockage électrique n’est mis en place ! – retire toute crédibilité à ce système qui, ne reflétant pas les flux physiques échangés à chaque instant, refoule durablement la question du traitement de l’intermittence des énergies renouvelables, pourtant essentielle à une transition énergétique réussie.

Ce faisant, le système actuel des GO n’est pas – ou n’est plus – un élément de traction pour le développement des EnR, mais constitue au contraire une commodité qui entrave leur développement, car elle empêche une véritable traçabilité spatiale et temporelle de l’électricité produite ou consommée. Au point que l’ADEME introduit dorénavant des notions d’offre « vert premium », basées essentiellement sur la consommation en direct d’énergie issue de centrales hydrauliques ou de centrales éoliennes en fin de vie. Un modèle qui n’est pas extensible, du fait du caractère opportuniste de l’exploitation de la production de centrales existantes déjà amorties et des faibles possibilités de développement de capacités additionnelles d’énergie hydraulique en France ;

Recourir à un achat direct d’énergie renouvelable de longue durée (15 à 20 ans) auprès d’un producteur (PPA privé, pour “Power Purchase Agreement”). Une option a priori intéressante, mais qui peine à émerger et à convaincre quant à son effet sur le développement de nouvelles capacités de production d’énergie. Simple constat : en France, à ce jour, aucun corporate PPA impliquant de nouvelles capacités n’a été signé.

Recourir à l’autoconsommation. Certains sites industriels peuvent en effet également recourir à l’autoconsommation, sous réserve de disposer d’une emprise foncière suffisante. Une solution séduisante et vertueuse, qui se heurte néanmoins à de nombreux obstacles, économiques, juridiques et fiscaux, illustrés par l’échec du dernier appel d’offre organisé par le régulateur pour cette catégorie de projet.Les gros consommateurs que sont les entreprises et collectivités disposent donc jusqu’à présent de peu de levier pour impulser, par leur consommation, une inflexion de la production électrique vers les renouvelables.

La vente en direct du producteur au consommateur, une 3e voie ?

Une option mérite d’être envisagée : la vente de l’électricité verte des producteurs indépendants, directement au consommateur.

Une telle possibilité pourrait s’avérer aujourd’hui possible avec l’utilisation de la blockchain, une technologie qui permet de certifier en temps réel l’origine de l’électricité consommée .L’objectif est de permettre aux entreprises de consommer l’électricité verte produite localement, au maximum de la capacité de production des centrales renouvelables. La part d’électricité verte ainsi consommée serait supérieure à celle présente dans le mix électrique français, et augmenterait progressivement au fur et à mesure du développement de nouveaux moyens de production.

Avantage pour le consommateur : cette solution s’apparenterait à une consommation directe, mais au prix de marché, et sans l’inconvénient de l’engagement sur 15 à 20 ans.

Avantage pour les producteurs d’énergies renouvelables : trouver une alternative à la revente de leur électricité sur les marchés de gros de l’électricité et au quasi-monopole d’EDF, et valoriser localement la production de leurs centrales. Un critère important pour faciliter l’acceptabilité de ces projets, et le développement de futurs moyens de production.

Avantage pour la collectivité : refléter la réalité de l’intermittence des EnR aux consommateurs ; ces derniers, les mieux placés pour adapter leur consommation en fonction de cette information nouvellement mise à leur disposition, favoriseront ainsi une meilleure pénétration des EnR dans le mix de production local.

Pour les entreprises, l’achat en direct représenterait aussi un véritable levier pour consommer plus d’énergies renouvelables produites localement, en envoyant un signal clair aux pouvoirs publics en faveur de leur développement. En effet, compte tenu de l’état actuel des moyens de production EnR disponibles, la totalité de la production renouvelable pourrait être rapidement absorbée par les entreprises sur le territoire.

La réalité d’un mix territorial qui peine à couvrir la demande des consommateurs aurait un effet de levier autrement plus puissant que la fausse promesse d’offres “100% vertes” basées sur les garanties d’origines.

Pour les producteurs comme pour les entreprises, la vente en direct du producteur au consommateur, appliquée au monde de la fourniture d’électricité, serait un moyen de mettre fin au greenwashing et passer à l’acte en faveur de la transition énergétique.

Electricité verte : des garanties d’origine qui ne garantissent rien

  • 10/04/2019
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Les offres d’électricité verte vendues par les fournisseurs d’énergie reposent sur des certifications trompeuses, critique Antoine Nogier, président de Sun’R.

Une tribune initialement publiée sur Le Cercle des Echos le 10 avril 2019.

Les entreprises et les particuliers qui souhaitent contribuer à la transition énergétique à travers leur consommation d’électricité sont tentés de recourir à des offres dites «vertes», proposées par leur fournisseur d’énergie.

Ces offres s’appuient toujours sur des certificats appelés «garanties d’origines», puisque selon la réglementation en vigueur, pour être qualifiée de «verte» une offre d’électricité renouvelable doit impérativement être associée à l’achat de garanties d’origine. Les garanties d’origines présentent cependant trois failles qui amènent à dénoncer leur manque d’efficacité en tant que vecteur de la transition énergétique.

1. L’électricité verte n’est pas injectée en temps réel

C’est le premier travers des garanties d’origines : elles verdissent les offres d’électricité alors que l’électricité verte produite n’est pas injectée sur le réseau au moment de la consommation. Ce décalage temporel est absurde. La fourniture d’électricité nécessite justement un équilibrage en temps réel entre production et consommation.

Les garanties d’origine associées à cette électricité verte injectée sur le réseau proviennent le plus souvent de centrales très éloignées du lieu de consommation. Ainsi, le plus grand émetteur de garanties d’origines vendues en Europe est la Norvège (25 %).

Malgré l’interconnexion des réseaux électriques il y a très peu de chances qu’un électron vert produit en Norvège puisse contribuer à alimenter la consommation d’un client en France. Comble de l’aberration, l’Islande est émettrice de garanties d’origine, alors que ce pays n’a aucune interconnexion avec le réseau de transport d’électricité européen !

2. Les garanties d’origine ne contribuent pas au développement du renouvelable

Les nouveaux projets de production d’électricité renouvelable, même s’ils sont beaucoup moins coûteux que les nouveaux projets de production d’origine nucléaire ou thermique, doivent encore bénéficier de mécanismes de soutien pour pouvoir se réaliser. Or la loi française interdit à tout développeur d’un nouveau projet de production renouvelable qui profite d’un mécanisme de soutien de profiter également du revenu de la vente des garanties d’origines.

Ainsi, seuls les sites de production les plus anciens profitent d’une rente avec la vente de garanties d’origines alors qu’ils sont amortis depuis longtemps ! L’achat de garanties d’origines auprès d’un producteur n’encourage donc pas le développement de nouveaux moyens de production d’électricité d’origine renouvelable en France !

3. Ces offres envoient un mauvais signal au consommateur

Une analyse lucide amène à la conclusion que ce système des garanties d’origines favorise les grands acteurs à la fois producteurs et fournisseurs d’électricité, qui peuvent ainsi verdir leur production d’origine fossile ou nucléaire, en utilisant des certificats émis par des sites de production d’énergie renouvelable les plus anciens situés n’importe où en Europe…

Par ailleurs en laissant croire aux consommateurs que des offres 100 % renouvelables peuvent être déployées indéfiniment, comment espérer que ces derniers prennent conscience qu’un monde renouvelable supposera nécessairement plus de moyens de stockage de l’électricité et d’effacement de consommation, et plus largement des pratiques de consommation pilotables en adéquation avec la production des énergies renouvelables.

Changer de méthode

Il faut se souvenir que le système des garanties d’origine a été mis en place il y a près de vingt ans, avec l’objectif principal de susciter l’intérêt des consommateurs pour les énergies renouvelables, jusqu’alors parfaitement confidentielles et largement méconnues de la population et des acteurs économiques. A l’époque, la garantie d’origine était le moyen le moins mauvais pour remplir cet objectif.

L’objectif désormais, est de passer rapidement à un monde 100 % renouvelable compte tenu de l’urgence climatique. Heureusement, des solutions ont émergé depuis qui permettent de relier, en temps réel, un producteur renouvelable et un consommateur grâce à la blockchain, qui est aujourd’hui la technique de certification la plus efficace.

Il est donc temps que l’on cesse de dissocier la fourniture d’électricité de la production d’électricité renouvelable par le recours à un système de certificats opaque. Les développeurs de nouveaux projets d’électricité renouvelable doivent pouvoir vendre leur électricité aux consommateurs qui souhaitent les soutenir dans des conditions économiques satisfaisantes. Le système des garanties d’origines, obsolète et inefficace en tant que moteur de la transition énergétique, doit céder la place à des alternatives transparentes et cohérentes.

Antoine Nogier est président de Sun’R, une entreprise du secteur de l’énergie solaire photovoltaïque.